Témoignage : J’ai accouché à la maison

ou l’accouchement à domicileAAD, raconté par une maman…

Assalamu alaykum / Bonjour,

L’accouchement… Quel merveilleux moment dans la vie d’une femme !

Ce moment qui nous transforme, celui où l’on devient “maman” ; Ce jour, éprouvant pour notre corps, mais si fort en émotions ; Cet instant où l’on rencontre enfin celui (ou celle) qui vit en nous depuis 9 mois ; Cette seconde où l’amour nous submerge plus que jamais auparavant…

L’accouchement… Quel moment éprouvant et parfois quel souvenir horrible pour certaines !

Ces mois de doute avant ; Ce moment tant attendu mais si stressant ; Ce jour où l’on ne gère plus rien ; Cet instant parfois confisqué par un corps médical trop envahissant ; Cette seconde où tu doutes de tes capacités, où tu ne sais plus si tu vas y arriver…

Oui, l’accouchement c’est tout ça et bien d’autres choses encore…

Chaque accouchement est différent, chaque ressenti, chaque expérience. Tout est nouveau à chaque fois. Pour chaque femme. Pour chaque bébé.

Nous avons donc décidé d’interviewer une maman qui a fait le choix d’accoucher à domicile et qui, en plus de cela, est très bien renseignée sur le sujet. Nous la remercions de s’être prêtée au jeu des questions. Ce fut très instructif !

Voici donc l’interwiew !

  • Tout d’abord peux tu nous expliquer ce qu’est l’aad ?

L’AAD signifie “accouchement à domicile” il ne faut pas confondre avec l’ ANAaccouchement non assisté“. La nuance est que un AAD se fait en présence d’une sage femme libérale tandis que l’ana se déroule sans aucun personnel médical.

  • En as tu déjà vécu un toi même ? Raconte nous !

Mon 1er garçon devait naitre à la maison ; j’ai donc eu le droit à tout les préparatifs : le suivi par la sage femme pratiquant les AAD etc.. Malheureusement mon projet n’a pas abouti du fait d’un dépassement de terme important. La pression médicale a fait son oeuvre j’ai du être déclenchée en hôpital et cela s’est terminé en césarienne d’urgence. Mon second a été ma revanche et je me suis jurée de n’écouter que moi. Mon projet s’était complexifié du fait de la césarienne. En effet, de moins en moins de sages femmes pratique l’AAD après césa (risque d’être dénoncé à l’ordre des sages femmes). J’ai tout de même réussi à trouver une perle prête à m’accompagner mais celle ci se trouvait à 1h30 de mon domicile. Il était convenu de louer un gite à l’approche du terme afin d’accoucher dans un périmètre à moins d’1h d’elle. Ma 1ère contraction est survenue à 00h30, s’en est suivie d’autres irrégulières mais au bout de plus d’une heure dans un bain je savais que le travail était lançé. Le temps de trouver le courage de s’habiller pour partir, embarquer l’ainé de 2 ans et nous filions en direction du gîte. Mon mari a conduit rapidement mais les 45 minutes de route ont aidé mon col à s’ouvrir rapidement. A 3h45 nous arrivions,1 heure après la sage femme nous rejoignait et à 5h45 mon petit naissait. Quand elle est arrivé j’étais à  dilatation complète et commençait à pousser. Tout s’est passé très simplement à la lumière des bougies, le grand frère m’accompagnait avec un grand sourire et est partie se coucher pile au moment des dernières poussées (mes cris ne l’ont même pas géné pour s’endormir !).

  • Quelle a été la chose la plus dure à gérer ?

Dans mon cas ça a été de tenir l’hôpital à l’écart car une fois que je m’étais inscrite, ils se sont doutés de mon projet et ont tout tenté pour me faire des examens médicaux qui aurait pu freiner l’aboutissement de celui ci. Autrement rien du tout ,tout a été très simple, c’était fluide, évident, naturel. Contrairement à mon 1er accouchement où tout était médicalisé et qui m’enpechait de ce fait de me fier à mes ressentis totalement faussés.

  • As tu des conseils concernant la gestion de la douleur ?

La douleur est utile et elle est amie. Une fois que l’on a compris cela alors tout roule. L’ambiance d’un accouchement à domicile n’est pas la même qu’en hopital : pas besoin de se méfier de qui rentre ou sort, le cadre est agréable, les odeurs sont les notres,… De ce fait nous sommes plus sereines et plus à même de gérer des douleurs qui sont moindres. Il faut voir la douleur comme un repère : elle nous permet de savoir qu’il faut changer de position, d’identifier une problématique, elle nous indique aussi la fin prochaine de l’accouchement. C’est un vrai coup de pouce ! N’oublions pas par exemple que la sensation de brûlure n’est pas là pour nous blesser mais bien pour nous faire retirer le bras du feu. Il faut voir la douleur de l’accouchement de la même manière.

  • En cas d’urgence comment cela se passe t il ?

Il n’y a pas vraiment d’urgence dans un AAD ; la sage femme n’attends jamais d’en arriver à ce stade pour transférer à l’hopital. L’interrogation la plus courante est en cas de ralentissement cardiaque. Le monito dont est équipé la sage femme permet de prévenir rapidement cette problématique et l’on agit suffisament tôt pour que la femme puisse aller par ses propres moyens à l’hopital pour terminer le travail. Fait partie des conditions de l’aad que la femme se trouve à environ 30 minutes maximum d’un hopital. En cas de réel urgence comme une hémoragie (qui reste rare à domicile et bien moins terrible qu’à l’hopital pour différentes raisons un peu longues à expliquer), la sage femme fait pression sur la zone et le samu est immédiatement appelé. En moins de 10 minutes, la maman est prise en charge ce qui rend l’aad vraiment sûr. Il est aussi evident que toutes les femmes ne peuvent accoucher à domicile : toute grossesse à risque est éliminée, et au moindre risque prévisible l’aad est refusé.

  • Le suivi de grossesse est il différent des grossesses avec accouchement en structure ?

Il est bien moins médicalisé. On est suivi par une seule et unique personne ce qui est agréable (ne serait qu’une question de dévoilement de la awra). Je n’ai par exemple jamais eu de toucher vaginal durant mes suivis (sauf 1 ou 2 que j’avais réclamé sur la fin car en doute sur l’ouverture du col). Lors des rdv de suivi, la sage femme passe surtout ce moment à nous écouter. La bienveillance est la base (elle me demande par exemple si elle peut toucher mon ventre au moment d’écouter le bébé !

  • As tu des associations ou des sites à nous recommander ?

Il y a quelques groupes sur facebook qui sont utiles pour se rassurer ou avoir des témoignages. Il suffit de regarder en tapant AAD ou “accouchement à domicile”. Il existe un répertoire aussi de sage-femmes pratiquant l’AAD mais pas tenue à jour donc ne pas hésiter à demander si il existe d’autres numéros : https://projetdenaissance.wordpress.com/2016/03/24/repertoire-sages-femmes-pour-accompagnement-aad-et-pt/ .

Le film “entre leurs mains” est aussi parfait pour s’instruire sur l’aad, et confirmer son désir de celui ci. Enfin, un livre que je recommande à chacune et qui vous aidera à avoir confiance en vous mais aussi à vivre votre douleur dans la positivité, c’est “j’accouche bientôt que faire de la douleur ?” (anciennement “j’accouche bientôt j’ai peur de la douleur”). Une préparation à l’accouchement à lui tout seul !

  • Si tu devais nous donner un conseil, lequel serait-il ?
Ayez confiance en vous, en votre bébé c’est l’unique vérité. Chercher par vous même, beaucoup de choses dites et faites en milieu hospitalier sont incorrectes ou abusives. Enfin, les grands savants sont unanimes sur le bienfait de l’accouchement à domicile et son obligation (dans la condition où aucun risque n’est prévisible)* pensez donc bien à l’obéissance en Allah pour ce choix !
*Vous trouverez en cliquant ICI les fatwas sur ce sujet. 
Merci à notre soeur d’avoir répondu à nos interrogations !
Nous demandons à Allah de lui accorder d’autres petits bouts qui naitront de la manière dont elle le souhaite, et qui seront une source de bien pour elle et sa famille, ici-bas et dans l’au-delà !
N’hésitez pas à laisser votre avis ou vos questions les filles…
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