En Turquie #instructiondanslemonde

Assalamu alaykum / Bonjour,

Dans notre série #instructiondanslemonde, après avoir visité l’Inde, les U.S.A, la Somalie ou encore les pays nordiques, nous partons aujourd’hui en Turquie pour découvrir le fonctionnement du système scolaire de ce pays ainsi que le quotidien des petits élèves.

C’est parti, allons…

En Turquie #instructiondanslemonde

Tout d’abord, il faut savoir qu’une réforme a été mise en oeuvre en 2012. Celle-ci est nommée 4+4+4 car elle sépare l’ “école” en 3 cycles de 4 ans. :

  • 1er cycle : degré primaire (de 5 à 9 ans et demi)
  • 2ème cycle : secondaire I (de 9ans et demi à 13 ans et demi)
  • 3ème cycle : secondaire II (de 13 ans et demi jusqu’à 17 ans et demi)

Le but de cette réforme est d’amener plus d’enfants à fréquenter le secondaire II car ce n’était pas le cas avant. ce changement a amené au recrutement de 40000 enseignants.

La réforme 4+4+4 met en oeuvre des stratégies pour aider les enfants défavorisés. Nous allons essayons de les résumer succintement :

  • Une contre-partie financière pour chaque enfant qui est dans le système scolaire (compensation plus haute pour une fille que pour un garçon)
  • Mise à disposition gratuite des livres scolaires depuis 2003

Ensuite, nous notons qu’au classement PISA, dans lequel le Turquie figure depuis 2003, le pays se trouve parmi les derniers. Cependant, les chiffres sont en augmentation et notamment au niveau de l’équité. En effet, l’impact du statut économique sur les résultats des élèves est passé de 28% à 15%.

Preuve que la réforme fonctionne ? A suivre en tout cas…

Un autre point est intéressant à soulever : la question du pré-scolaire. En Turquie, le taux de fréquentation du pré-scolaire (équivalent de la maternelle) est très bas. En 2012, seulement 5% d’enfants âgés de 3 ans sont scolarisés (contre 70% selon la moyenne de l’OCDE).

Pour remédier à cela, le gouvernement a mis en place deux mesures alternatives et celles-ci, surtout pour permettre aux familles pauvres de bénéficier du pré-scolaire :

  • Summer pre-school : durant l’été, deux mois “d’école” pour les enfants entre 5 ans et 5 ans et demi
  • Mobile class : pour les enfants entre 3 et 5 ans de familles défavorisées qui ne peuvent pas se déplacer jusqu’à la “summer pre-school”

Enfin, nous allons voir concrètement à quoi ressemble l’année scolaire des élèves turcs. Celle-ci est organisée en deux semestres. La rentrée a lieu entre le 13 et le 20 septembre en général. les vacances semestrielles durent deux semaines et ont lieu fin janvier. L’année se termine début juin et les enfants ont donc trois mois de vacances (le rêve non ?). Aux vacances officielles, s’ajoutent les fêtes religieuses des deux Aïd.

L’année scolaire en Turquie compte 180 jours.

Les semaines sont du lundi au vendredi avec 25-30h pour les primaires et 30-40h pour le secondaire en fonction des options choisies. Les cours durent 45 minutes (et non 55 comme en France par exemple).

Pour conclure, je vous laisse lire l’avis de M. Marc Fourreau, directeur des études françaises de Galatasaray qui connaît bien le système éducatif turc :

“Entre début septembre et fin janvier, les élèves turcs n’ont pas de vacances. On perçoit très fortement leur manque de performance au bout d’un certain nombre de semaines de cours. C’est d’autant plus difficile que les élèves vont travailler le soir dans des dershane (cours privés) pour préparer les concours. Certes, ils ont droit à 20 jours d’absence non excusés et à 25 jours d’absence excusés et peuvent donc se reposer s’ils le souhaitent. Mais cela les handicape fortement car ils perdent des cours. Ils utilisent donc peu ces heures. Dans l’ensemble, le système éducatif turc est assez efficace. Il est tourné vers la performance. Les programmes sont très exigeants, plus exigeants que les programmes français notamment en sciences. Mais l’idée d’avoir régulièrement une pause dans les enseignements, justement pour augmenter cette performance, n’est pas prise en compte et cela m’étonne fortement. En plus, les vacances d’été sont longues, avec pour conséquence que les élèves oublient une partie de ce qu’ils ont appris. Pour eux, cela entraine stress et nervosité. C’est un rythme lourd également pour les enseignants (à Galatasaray, 40% des professeurs de lycée sont français).” (extrait de son interview dans Lepetitjournal.com – 20 février 2012)

Et vous, que pensez-vous de l’organisation du système d’instruction turc ? Dîtes-nous tout !

Crédit photo

 

ummaty_shop
error: Contenu protègé