Assalamu alaykum / Bonjour,

Comme promis, nous commençons aujourd’hui notre série d’articles #instructiondanslemonde avec une première étape dans un pays qui me tient particulièrement à coeur : l’Inde. J’y ai séjourné plusieurs semaines, notamment dans l’état du Kerala en 1994 et 1995, et ce fut une découverte incroyable, un véritable coup de coeur !

Le Kerala est un état de 38852 km2 qui se situe au sud-ouest de l’Inde, densément peuplé, et qui présente une véritable diversité au niveau des paysages : montagnes verdoyantes cotoient plaines et rizières. Le long de la côte de la mer d’Arabie, de nombreux canaux relient les lagunes entre elles : il s’agit des fameux “backwaters“.

kerala-inde     bacwaters-kerala

 

Mes premières impressions en tant que petite fille furent bien évidemment l’emerveillement face à ces paysages superbes et aux tenues traditionnelles colorées que je croisais. Cependant, très rapidement, je me rappelle avoir été surprise par l’existence bien réelle et très visible des castes. La différence de niveau de vie entre les castes supérieures et les plus basses (les intouchables notamment) sautaient aux yeux, malgré l’interdiction législative de toute discrimination basée sur la caste déjà en vigueur à l’époque.

Je fus profondément choquée par l’extrême misère d’enfants de mon âge, ou même plus jeunes que je cotoyais.

J’ai souvenir de discussions avec des enfants de castes élevées, parlant parfaitement anglais et qui séjournaient régulièrement à l’étranger. Avec eux, nous étions “pareils” : l’école, l’instruction, la lecture, les loisirs,…

Mais j’ai également souvenir d’échanges, à l’aide de gestes et de dessins, avec des enfants issus de castes dites inférieures, avec qui je n’avais aucune langue en commun. Entre eux et moi, un monde. Pas d’accès à l’instruction, certains travaillant déjà, ou mendiant, et pour la plupart n’ayant aucune idée de ce qu’est la France et d’où elle se situe.

Ce fut pour moi une grande leçon : quelle chance que de pouvoir apprendre, de ne pas être forcée à travailler pour aider ma famille, quelle chance de pouvoir profiter de mon enfance !

Mon expérience date un peu…

(Oui je suis vieille ^^)

… Mais elle n’a jamais quitté mon esprit.

J’ai continué à suivre les actualités et le développement relatif à l’enfance en Inde et surtout au Kerala. Cet état est devenu un modèle éducatif pour l’Inde puisqu’il est déclaré comme totalement alphabétisé.

Le 1er avril 2010, le gouvernement indien adopte la loi “Right to Education Act” qui rend l’école primaire gratuite et obligatoire de 6 à 14 ans. L’état doit financer les coûts directs et indirects liés à l’instruction. Il est également tenu d’assurer à l’enfant une place dans une école de son voisinage. Autre mesure phare de cette loi : les écoles privées ont l’obligation d’accueillir 25% d’élèves issus des classes sociales les plus pauvres. Ceci dans le but de gommer le grand écart de niveau qui existe entre l’enseignement public et le privé et donc, de réduire les inégalités sociales.

Bien évidemment, il faudra des années pour que tout ceci soit mis en application, mais l’Inde a mis, depuis 2010, un grand chantier éducatif en mouvement. Il faut construire les infrastructures, recruter les enseignants (il y a en moyenne 40 élèves pour 1 enseignant en Inde),…

Et il faudra des années encore pour lutter contre le taux d’absentéisme élevé qui est actuellement de 25%.

En effet, certains enfants sont encore, en 2015, obligés de travailler pour aider leur famille à survivre dans un pays où 2/3 de la population vit avec moins de 2$ par jour.

J’espère que cet article vous aura fait voyager et qu’il pourra éventuellement vous servir de support pour faire découvrir à vos petits bouts comment vivent les enfants en Inde.

 

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