Assalamu alaykum / Bonjour,

Comme chaque mardi, nous nous aventurons dans un nouveau pays pour notre série #instructiondanslemonde. Aujourd’hui, nous partons au Maroc. Bien que n’étant pas marocaine, ce pays a une valeur toute particulière pour moi.

En effet, ce n’est pas en tant qu’élève ou enfant que je vais témoigner dans cet article, mais bien en tant qu’enseignante…

Alors c’est parti : embarquons pour le Maroc !

Au Maroc, l’école est obligatoire entre 6 ans et 13 ans et il n’existe pas de système périscolaire de type maternelle comme en France. Pour les parents qui souhaitent voir leurs enfants intégrer le système éducatif plus tôt, il y a les écoles privées ou étrangères qui malheureusement sont relativement chères pour la population marocaine moyenne. Dès lors, un système à deux vitesses commence : les élèves des milieux aisés ne partent pas avec les mêmes “chances” que leurs concitoyens face à l’école.

Concrètement, en tant que “maîtresse”, j’ai vite remarqué cette hétérogénéité de niveaux. Certaines enfants que j’ai rencontré sont déja parfaitement bilingues arabe/français à 7 ans, alors que d’autres, plus âgées sont scolarisées mais illétrées en français. C’est assez incroyable !

Le manque de pédagogie de la plupart des enseignants se fait sentir. La plupart des élèves sont habitués aux punitions et parfois encore aux coups de bâton. La crainte de l’enseignant et de la note sanction est bien présente et du coup, chose dommageable, il est très délicat de mettre en pratique les méthodes alternatives.

Le “par-coeur” est toujours très présent et il prend souvent le pas sur le côté “réflexion”, surtout en primaire. A ce propos, l’ancien ministre de l’éducation en 2000, Moulay Ismaïl Allaoui disait “Le problème c’est qu’on fabrique des têtes bien remplies à défaut de produire des têtes qui sont bien faites”.

Heureusement, le Roi Mohamed 6, qu’Allah le préserve, investit énormément dans le système éducatif. La décennie 2000-2009 a été déclarée “décennie de l’éducation”. En 2009, le Maroc se dote d’un “Programme d’urgence pour l’éducation” qui couvre la période 2009-2012.

Par la cause des efforts du Roi en ce sens, le taux d’alphabétisation des adultes est passé de 52% en 2004 à 78% en 2012.

Cependant, le gros point noir dans l’instruction au Maroc, c’est la langue.

La plupart des marocains parlent effectivement berbère ou dariija (arabe dialectal) chez eux. Or, l’arabe littéraire (dit classique) est la langue utilisée dans l’enseignement. Le Maroc “souffre” donc de diglossie. Et cela n’est pas évident à gérer pour des enfants de 6 ans qui rentrent à l’école et qui entrent alors dans le monde de l’écrit dans une langue qu’ils ne connaissent pas.

D’où l’importance de développer un système de maternelle ou de jardin d’enfants et ce, afin de familiariser les élèves avec la langue qu’ils rencontreront une fois à l’école primaire (donc obligatoire).

De nombreuses choses restent à faire !

Qu’Allah facilite l’instruction à tous les enfants marocains et qu’IL préserve le royaume de tout mal.

 

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